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Une étape importante pour les jeunes à la croisée des secteurs
Le 12 mars 2026 marque une étape décisive pour les jeunes à la croisée des secteurs. Après des années de concertation, les mondes de l’aide à la jeunesse, du handicap, de la santé mentale, de l’enfance et de l’enseignement obligatoire franchissent ensemble un cap historique : celui d’un engagement commun pour des prises en charge réellement intersectorielles, plus cohérentes et plus efficaces.
La poursuite d’un long processus de dialogue
Le Protocole d’accord (2024) et l’Accord de collaboration (2025) pour une meilleure prise en charge des enfants et des jeunes à la croisée des secteurs viennent sceller un long processus de rencontres, d’analyses et de dialogue entre des secteurs qui, chacun confronté à ses propres contraintes, peinaient jusqu’ici à intégrer pleinement les réalités des autres. Les jeunes dont les situations traversent plusieurs champs d’intervention se retrouvent trop souvent au cœur de dispositifs fragmentés, où la coordination repose davantage sur la bonne volonté que sur un cadre structuré.
Les échanges entre les administrations signataires vont se poursuivre en vue d’opérationnaliser et d’implémenter l’accord de collaboration en vue d’un réel travail de collaboration entre les secteurs.
L’intersectorialité comme nécessité
Désormais, il ne fait plus aucun doute que l’intersectorialité n’est plus une option mais une nécessité : pour améliorer les accompagnements, prévenir les ruptures et offrir des réponses adaptées, les secteurs doivent travailler ensemble, de manière durable et organisée.
Une journée pour construire une compréhension commune
La journée du 12 mars avait pour objectif de créer une compréhension commune des enjeux de l’intersectorialité autour du parcours des jeunes, en partant d’une mise en contexte (présentation des freins micro/méso/macro et des dispositifs existants), puis en mobilisant les professionnels au travers d’ateliers pour identifier collectivement des chantiers prioritaires.
Des ateliers pour définir les chantiers prioritaires
Les participants ont ensuite été invités à définir, pour chaque chantier, les objectifs, les rôles, la méthodologie, les acteurs à associer et la planification, afin de constituer une feuille de route intersectorielle rédigée pour 24 mois et portée par un collectif de terrain et un comité de coordination.
Le regard de Laurent Messiaen, directeur de la Maison Familiale (structure AVIQ) sur cette journée
« L’accompagnement d’adolescents en grande fragilité psychique, avec peu d’ancrage familial et fréquemment en crise, confronte les services résidentiels, comme notre SRJ, aux limites du cadre d’agrément et de financement. Leurs besoins dépassent souvent nos capacités. Les crises répétées fragilisent les autres jeunes, épuisent les équipes et mènent trop souvent à des ruptures, à l’opposé de nos missions. Or, ces situations sont en augmentation.
Pour mieux y répondre et éviter ces ruptures, une collaboration étroite et durable entre secteurs est indispensable. Mais construire un accompagnement partagé demande du temps, alors même que le travail en réseau reste peu reconnu et insuffisamment soutenu.
L’un des enjeux de cette mobilisation est donc de faire évoluer les agréments pour favoriser les collaborations intersectorielles plutôt que les logiques en silos, ainsi que de pérenniser des initiatives pionnières efficaces encore dépendantes de financements précaires.
Malgré les efforts, des freins persistent. Cette journée marque le début d’une nouvelle dynamique pour les dépasser. Il est urgent de les lever, dans l’intérêt des jeunes. »
La vision de Mesdames Thonon et Degey, référentes en intersectorialités à l’AGAJcmd
« On ne peut que se réjouir de l’organisation de cette journée et de l’enthousiasme des participants. La rencontre entre les professionnels de terrain tout secteur confondu mais également les représentants des administrations et des différents cabinets fut une expérience riche en partages.
Travailler en réseau, insuffler l’intersectorialité est un processus qui se co construit entre partenaires et qui s’alimente par la mise en commun de toutes nos expériences et richesses professionnelles. Nous regrettons d’avoir dû refuser un certain nombre de participants pour cette journée mais comme évoqué ci plus haut, c’est un processus qui s’enclenche sur 24 mois. Nous les invitons donc à rejoindre les différents chantiers définis. »
Une dynamique durable au service des jeunes
Gageons que cette étape importante ne pourra qu’apporter une aide encore plus adaptée aux jeunes qui nous sont confiés.
Découvrez « En Terre-1-Connue » en images !
Le 18/12 à 20h30 sur la Trois ou à revoir sur Auvio


« Ados Incasables », un film de Clément Leenhardt, le 18 décembre à 20h30 sur la Trois.
Des jeunes rejetés d’institution en institution car ils ne collent pas au cadre. Des jeunes dont personne ne veut plus tellement ils sont à fleur de peau, et dits « ingérables ». En Terre-1-connue tente de donner du sens à leur avenir en cassant les codes des institutions classiques.
Le projet pilote « En Terre-1-Connue » a été créé initialement par 3 services résidentiels généraux : L’Amarrage, le Logis et l’Hacienda. Aujourd’hui, ce projet est co-construit par un système de gouvernance intersectorielle.
Dans un environnement moins contraint, sur les terres de la ferme Ecosphère-Bella à Genappe, les jeunes mettent les mains dans la terre et sont entourés d’un réseau ‘fort’ : 1 éducateur pour 1 jeune (au lieu de 1 pour 10 dans les foyers), mais aussi pédiatres, psys… des personnes disposées à les aider, en travaillant sur l’estime de soi pour leur offrir une issue, un lien social, les rendre libres. Chaque jeune peut y séjourner de 3 à 6 mois. Leur séjour est l’espoir de donner un sens à leur avenir.
Le film nous immerge dans l’expérience et propose aux spectateurs de suivre l’histoire de ces jeunes et de leurs éducateurs au sein du projet.
Thaïs (16 ans) a passé plus de 5 ans dans les hôpitaux pour tentatives de suicide, tant elle se sent mal dans sa peau et bien nulle part.
Ryan, sans famille, a connu plusieurs institutions, sans y trouver sa place. A ses 18 ans, dans 6 mois, il sera livré à lui-même.
Mis à l’écart de sa famille, Sélim, 14 ans, malmène son institution actuelle. Retrouver le contact avec son père et souffler lui permettront peut-être de s’apaiser.
Clément Leenhardt et Nathalie Faven, de Prod à la demande, se sont immergés pendant plus d’un an dans le quotidien de ce projet innovant !
A voir absolument !
